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Face au Cancer
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Et le boulot?

Sujet : Carrière et finance

Poursuivre sa carrière pendant et après les traitements

Le cancer impose des choix difficiles, y compris, dans bien des cas, une remise en question de la vie professionnelle. Il appartient à chacune de decider si elle continuera ou non à travailler Durant ses traitements. Toutefois, certains repères permettent d’orienter notre démarche auprès de l’employeur et de prévoir la suite des choses.

Nous avons demandé à deux femmes – une qui est restée au travail et une autre qui s’en est absentée en cours de traitement – de nous relater leur expérience. Également, une spécialiste des ressources humaines examine point par point les options qui peuvent être envisagées.

Prendre congé

Tout est allé tellement vite. Katie Evans, 27 ans, a reçu un diagnostic de cancer du sein le 11 mars 2011; 17 jours plus tard, on lui a enlevé le sein droit. Pour cette administratrice à Shoppers Drug Mart, l’employeur s’est montré compréhensif. « Ils ont été très généreux et m’ont dit de prendre tout le temps dont j’avais besoin », se souvientelle. L’oncologue avait recommandé au moins six semaines de repos après la mastectomie pour permettre la guérison complète en un an. Bien appuyée par son employeur, Katie a reçu des prestations d’invalidité qui lui ont donné un répit pour mieux guérir.

Un certain temps, Katie a eu le sentiment d’être un fardeau pour la société, sa famille, ses amis. « Ça a posé tout un problème, car je couvrais plusieurs magasins et ils ont dû trouver trois personnes pour me remplacer, dit-elle. Je me suis sentie coupable, comme si je n’étais plus une citoyenne active. »

Katie a surmonté ses angoisses et l’épreuve de la chimio en faisant du bénévolat pour des organismes comme Rethink Breast Cancer et la Société canadienne du cancer. « J’y ai trouvé de vrais camarades, des gens qui se passent d’explications. » Elle s’est aussi encouragée en contribuant aux blogues du site facingcancer.ca [en Anglais seulement] et a entrepris d’écrire un livre racontant son expérience.

Katie a repris son travail aussitôt que l’oncologiste et la compagnie d’assurance l’y ont autorisée. « Je ne
veux plus qu’on me voie comme “la fille au cancer”, conclut-elle. Non pas qu’on oublie, mais qu’on ne me colle pas d’étiquette. Je suis la même personne qu’avant; j’ai eu un cancer, c’est tout.

Rester au travail

Mavis Fraser est une femme très occupée. À 56 ans, cette directrice marketing de la division Coty Prestige voulait continuer à vivre « aussi normalement que possible ». Elle n’a parlé à son employeur qu’une fois bien au courant de ce qui l’attendait et bien décidée à rester en poste tout au long de ses traitements. « Nous avons convenu de prendre les choses comme elles viendraient, de jouer avec toutes les pièces du casse-tête », explique Mavis. En 2011, elle a subi deux tumorectomies, une cure de chimio et de la radiothérapie, tout cela sans beaucoup s’absenter du bureau. « Je ne me doutais pas qu’on pouvait travailler pendant le traitement, ajoute-t-elle. C’est une excellente façon de se changer les idées. Cela me faisait du bien de rester active mentalement, de voir du monde.

Mavis allait en chimio le jeudi pour pouvoir se reposer le week-end, au plus fort des effets secondaires. Par chance, son bureau est à dix minutes de la maison et elle a pu profiter de plages mobiles durant l’été ou prendre des conges lorsque la chimio l’affaiblissait trop. Elle a aussi pu s’absenter des réunions de groupe et ainsi ménager son système immunitaire.

À la fin du traitement, Mavis se réjouissait de reprendre ses activités habituelles. « Je ne me suis jamais sentie obligée de venir travailler, déclare-telle. Plutôt que de changer complètement de vie, j’ai préféré continuer comme avant. »

 

CANCER ET CARRIÈRE : QUELQUES RÉALITÉS

Selon Holly Bradley, directrice générale de Wellspring, un réseau national de soutien pour le cancer, « il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Aucune règle fixe, que des lignes directrices. Tout est décidé cas par cas. » Voici quelques conseils de base.

• Rien ne vous oblige à révéler la nature exacte de votre maladie. Vous devez cependant indiquer la durée prévue de votre absence, la date probable de votre retour au travail et les changements qui pourraient être nécessaires à ce moment.
• Le livret des garanties de votre assurance collective précise à quelle période de conge vous avez droit pour une invalidité de courte ou de longue durée et pour les soins postcure (p. ex. la physiothérapie). Toute demande de prestations à une compagnie d’assurance doit être accompagnée d’un certificat médical.
• Si vous avez besoin d’un congé et êtes admissible aux prestations de maladie de l’assurance-emploi (max. 15 semaines), adressez-vous à Service Canada. D’autres prestations peuvent aussi être versées en vertu de régimes provinciaux, dont le montant varie d’une province à l’autre.
• La législation et les normes du travail different aussi selon la province. Donc avant de retourner au boulot, consultez le conseiller des Ressources humaines pour connaître vos droits et savoir quoi faire.
• Si vous n’avez pas accès à un régime complet d’avantages sociaux ou à un conseiller en RH prêt à vous renseigner sur vos droits, vous pouvez au besoin faire appel à un avocat du droit du travail.

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